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La géothermie
a de tout temps été utilisée par les hommes ; mais ce n'est qu'à
la fin du XIXe siècle que cette énergie a été
"redécouverte" et appliquée à une échelle industrielle.
De l'origine des hommes à 1900
Les plus
anciens vestiges connus en rapport avec la chaleur terrestre
sont des objets en pierre volcanique taillés (outils ou armes),
datant du troisième âge glaciaire, il y a 15 à 20 000 ans, et
trouvés sur le site de Niisato au Japon.
Les régions volcaniques constituaient déjà des pôles
d'attraction du fait de l'existence en particulier de fumerolles
et sources chaudes qui pouvaient être utilisées pour la cuisson
des aliments, la baignade ou tout simplement se chauffer.
Avec
l'apparition des premières civilisations à partir de 3500 avant
Jésus-Christ, la pratique des bains thermaux et l'utilisation
des boues thermominérales deviennent de plus en plus fréquentes,
comme cela sera le cas sous les civilisations Etrusques.
La civilisation romaine apparue ensuite, a porté le
perfectionnement des bains publics à un degré très élevé.
Au cours du
premier millénaire de l’ère chrétienne, les établissements
thermaux constituent d'importants lieux de rencontre, donc de
conversation et d'échange d'idées. Au cours du second
millénaire, les établissements thermaux et de loisirs se
multiplient dans toutes les régions du monde, et notamment dans
les îles volcaniques du Japon, de l'Islande et de la
Nouvelle-Zélande.
En France,
aux confins méridionaux de l'Auvergne, la station thermale de
Chaudes-Aigues, possède la source thermominérale la plus
chaude d'Europe (82 °C) dite " La source du Par ". Dans cette
station, dès 1330, les archives font mention d'un réseau qui
distribuait l'eau géothermale à quelques maisons et pour lequel
le seigneur percevait une rémunération. Toujours à
Chaudes-Aigues on signale vers 1400 quelques usages "
industriels ", notamment pour le lavage de la laine
(dégraissage) et pour la cuisine.
A peu près
dans la même période, du milieu du treizième jusqu'au seizième
siècle, les "lagoni", petits bassins d'eau chaude saumâtre,
situés dans la région de Volterra (Toscane, Italie) ont
été exploités pour l'extraction de soufre, vitriol et aluns.
Le
dix-neuvième siècle marque les débuts industriels de la
géothermie. Les facteurs de cette évolution sont doubles : d'une
part, les progrès scientifiques permettent de mieux connaître le
sous-sol ; d'autre part, les progrès technologiques permettent
de développer à la fois, des techniques de forage et des
nouveaux systèmes d'exploitation de l'énergie.
Auparavant,
avant 1800, on se contentait d'exploiter la chaleur telle
qu'elle arrivait en surface, en particulier dans les sources
chaudes ; la véritable révolution industrielle après 1800, va
consister à étudier, explorer, creuser pour atteindre la chaleur
en profondeur, enfin adapter des dispositifs pour mieux
exploiter ou transformer cette énergie.
En Italie,
dans la région de Volterra, lieu de nombreuses manifestations
géothermiques, l'acide borique déposé par les vapeurs et les
eaux chaudes était utilisé par les Etrusques pour la fabrication
d'émaux. Mais c'est en 1818 que son exploitation industrielle
sera entreprise par François Larderel, un français immigré en
Italie (la ville actuelle de Larderello lui doit son nom).
Dix ans plus
tard, celui-ci mit au point la technique du " lagoni " couvert
permettant de recueillir la vapeur et de la faire sortir à une
pression suffisante pour alimenter les chaudières d'évaporation
et pomper les eaux boriquées. C'est également à cette époque que
les premiers travaux de forage permirent d'augmenter la quantité
de vapeur qui plus tard conduira à fabriquer de l'électricité.
Parmi les
premiers usages industriels de la géothermie, on peut citer
aussi l'extraction du sel durant le dix-huitième siècle en
Islande.
En France, le premier forage géothermique est le puits artésien
de Grenelle à Paris, réalisé sur huit années entre 1833 et 1841,
pour capter la nappe à 30 °C des sables albiens, à 548 m de
profondeur.
Depuis 1900
Cette période
correspond à une émergence des applications industrielles de la
géothermie, dont on pressentait déjà l'intérêt au siècle
précédent. C'est surtout la production d'électricité à partir de
géothermie "Haute énergie" qui va prendre un grand essor, mais
la géothermie "Basse énergie" et les utilisations directes de la
chaleur vont également connaître, quoique de façon moins rapide,
un important développement. Les besoins de plus en plus élevés
en énergie de notre monde moderne, mais aussi le plus grand
intérêt que l'on porte déjà aux énergies dites "nouvelles" ou
"renouvelables", sont les premières raisons du développement de
la géothermie. De grands progrès ont été réalisés depuis le
début du siècle dans la connaissance des structures du sous-sol
grâce au perfectionnement des méthodes d'exploration, notamment
géophysiques et géochimiques.
La géothermie
dite Haute énergie (ou Haute enthalpie) démarra au tout début du
siècle à Larderello en Italie. En 1904, le prince G. Conti
alluma cinq ampoules grâce à une dynamo actionnée par un moteur
alternatif utilisant de la vapeur géothermique. L'année suivante
la première centrale expérimentale de 20 kW fut construite. La
première vraie centrale géothermique entra en service en 1913
avec un premier groupe à turbine de 0,25 Mw. En 1944, la
puissance atteignait 127 MW, elle fut en grande partie détruite
par la guerre.
Ailleurs dans
le monde, des débuts d'exploration (pas encore d'exploitation),
ont lieu en 1908 à El Tatio (Chili), 1913 à The Geysers (ÉtatsUnis),
1918 à Kamodjang (Indonésie), 1919 à Kyushu, Beppu, etc.,
(Japon), 1920 à Steam Boat, (États-Unis), 1923 à Rotorua (NouvelleZélande),
1925 à Reykjavik et Hengill (Islande), 1927 à Imperial Valley
(États-Unis), etc.
Du début du
siècle à 1960, on aura exploré 23 pays et identifié une
cinquantaine de champs Haute énergie, ce qui correspondra à un
total de près de 400 MW installés,
dont 285 pour la seule Italie.
En réalité,
la production mondiale d'électricité géothermique va commencer à
croître rapidement pendant les vingt années suivantes.
L'augmentation annuelle moyenne est alors de 17,5 %, la
production totale passe ainsi de 400 MW en 1960, à 2 500 MW en
1980. Puis, la capacité mondiale continuera d'augmenter encore
plus vite, puisqu'on atteint aujourd'hui environ 7 000 MW
installés. Ces résultats spectaculaires sont la conséquence,
d'une part des crises pétrolières du début des années 1970, qui
ont stimulé les recherches et l'utilisation de ressources
alternatives, d'autre part de l'intérêt des pays en voie de
développement pour lesquels l'existence d'une ressource
nationale permettant de produire de l'électricité assure une
économie de devises.
La géothermie
dite de basse énergie (extraction d'une eau à moins de 90
°C), a d'abord été utilisée pour le chauffage. Après le très
ancien et rudimentaire réseau de Chaudes-Aigues, des expériences
ponctuelles ont eu lieu aux États-Unis à Boise (Idaho), et
Klamath Falls (Oregon) dès la fin du dix-neuvième siècle. Le
premier vrai réseau de chauffage urbain alimenté grâce à la
géothermie a été celui de Reykjavik (Islande) ; il date de 1930,
et permettait de chauffer une centaine de maisons, deux
piscines, un hôpital et une école. Il chauffe aujourd'hui la
quasi-totalité de la capitale islandaise.
Des réseaux
de chaleur urbains importants utilisant l'énergie géothermique
se développeront plus tard en France, Italie, Roumanie, URSS,
Turquie, Géorgie, Chine, États-Unis,.....
Les usages
thermiques de la géothermie sont nombreux ; outre le chauffage
urbain, il faut mentionner, en particulier, le chauffage des
serres agricoles et la pisciculture.
En France, la
première expérience significative démarre en 1969, avec la mise
au point de la technique dite du " doublet ", permettant
d'exploiter un des aquifères profonds du bassin de Paris. Les
chocs pétroliers auront été un élément déclencheur de la filière
française. Entre 1980 et 1986 une cinquantaine d'opérations
seront réalisées en France, ce qui donnera naissance à une
filière française spécifique de réseaux de chaleur alimentés par
la géothermie.
La géothermie pratiquée à l’heure
actuelle utilise une source de chaleur à plus basse température,
nécessitant l’intervention d’un générateur pour transférer les calories
nécessaires au chauffage ou au rafraîchissement de la maison.
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